Fousséyni SAMAKE, Directeur Général de la nouvelle ENA : «Le dispositif mis en place, est de nature à garantir la sincérité des résultats»

Grand  Officier de l’Ordre National  du Mali, professeur d’enseignement supérieur de classe exceptionnelle, détenteur, depuis  1984, d’un  doctorat  d’Etat en droit de l’Université de Grenoble  (France), Fousseini Samaké est cet homme en qui les autorités de l’Etat, ont porté confiance, pour guider les premiers pas de la Nouvelle  Ecole Nationale d’Administration du Mali. Marié et père de trois enfants, Fousseini Samaké a occupé de très  hautes  fonctions au Mali et en Afrique. Secrétaire  général  du gouvernement  avec  rang de Ministre, de juin 1994 à décembre  2008, il fut   aussi, Directeur de  cabinet au Ministère de la Fonction Publique, du Travail  et de la Modernisation de l’Administration, Directeur de cabinet au ministère  délégué  auprès  du Premier ministre, chargé des reformes institutionnelles et de la décentralisation.

 

Fousseyni Samaké a été détaché  auprès du Programme  des Nations  Unies pour le  Développement (PNUD) en qualité de volontaire des Nations Unies, spécialiste, professeur, chargé de gestion publique à l’ENA du Niger, d’octobre 1989 à septembre 1991. Assistant chargé  de cours à l’Université de Niamey au Niger de 1981 à 1983, Fousseini  Samaké  rentre au Mali  et dispense des cours  de droit et est nommé chef  de département Administration publique  à l’ENA, de 1987 à 1989. 

 

Auteur de nombreux  articles et études portant sur les  institutions et l’administration malienne, le directeur de la  Nouvelle ENA a animé  des séminaires de perfectionnement  à la CEPAG de l’ENA de  Bamako, de 1985 à 1989. Président de l’Association  des ressortissants du Banan (Bougouni) à Bamako, Fousseini  Samaké  est le Vice- président de l’Association  malienne de Droit constitutionnel. C’est cet homme que votre Journal bi hebdo a rencontré afin qu’il éclaire sur la Nouvelle ENA. Et, aussi, sur le concours qui aura lieu  les 22 et 23 mai prochains. 

 

Le Pouce : Qu’est-ce qui sous-tend la création de la Nouvelle Ecole Nationale d’Administration ?

 

Fousseini Samaké : D’abord je tiens à vous remercier pour cette occasion que vous me donnez d’apporter quelques éclairages sur la nouvelle ENA. Vous savez que l’ENA est cinquantenaire. Elle a connu bien des évolutions dans son existence et même une période d’éclipse qui a duré une dizaine d’années. La renaissance de l’ENA en 2006 a répondu à la volonté du Président de la République et du Gouvernement de pallier le problème, devenu préoccupant, de la faiblesse surtout, qualitative des ressources humaines de l’Administration.

 

Le Pouce : Que visez-vous comme objectifs ?

 

Fousseini Samaké : L’ENA est conçue, dans le cadre du Programme de Développement Institutionnel, comme un outil de promotion des ressources humaines et de renforcement des capacités de l’Administration malienne. Les missions assignées à l’ENA, qui visent à la réalisation de ces objectifs, sont essentiellement, de deux ordres : Il s’agit, d’une part, d’assurer la formation initiale qu’il faut comprendre comme la formation dont le but est d’apprendre aux élèves l’exercice de la profession à laquelle ils se destinent. Sont bénéficiaires de cette formation tous ceux qui seront admis aux concours directs ou professionnels. Il s’agit, d’autre part, d’assurer la formation continue ou formation permanente c'est-à-dire la formation qui s’adresse à ceux qui sont déjà fonctionnaires et qui vise à développer leurs compétences et leurs qualifications.

 

Le Pouce : Quelle est la spécificité de la Nouvelle ENA ?

 

Fousseini Samaké : La spécificité de la nouvelle ENA peut s’observer à plusieurs niveaux : Au niveau de son statut qui est celui d’un établissement public ; au niveau de son rattachement : l’ENA est placée sous la tutelle du Premier ministre ; au niveau des apprenants qui sont recrutés avec un diplôme de maîtrise au minimum.

 

Le Pouce : Comment se fait le recrutement ?

 

Fousseini Samaké : Le recrutement pour la formation initiale a lieu par concours directs pour les diplômés et par concours professionnel pour les fonctionnaires. Pour ce qui est de la formation continue, ce sont les fonctionnaires des catégories A et B qui sont concernés. La formation aura lieu sur la base des plans de formation des administrations. Le Commissariat au Développement Institutionnel (CDI) jouera un rôle important dans  l’exécution de cette mission.

 

Le Pouce : Qui le fait ?

 

Fousseini Samaké : C’est l’ENA qui est chargée de l’organisation des concours. Elle est appuyée, au besoin, par d’autres administrations.

 

Le Pouce : Pourquoi l’ENA et non le Centre des Concours de la Fonction Publique ?

 

Fousseini Samaké : L’ENA, parce qu’il s’agit bien de concours d’entrée à l’ENA et non de concours de recrutement de fonctionnaires. L’ENA recrute et forme les intéressés avant de les mettre à la disposition de la Fonction Publique qui va les gérer tout au long de leur carrière. Le recrutement par l’ENA n’est pas une particularité malienne. Vous pouvez regarder le cas des autres pays qui ont des Ecoles Nationales d’Administration.

 

Le Pouce : Quel est le statut de ceux qui entrent à l’ENA ?

 

Fousseini Samaké : Selon les textes, les personnes qui sont admises à l’ENA par concours directs, sont appelées élèves fonctionnaires et ont le statut de fonctionnaires stagiaires. Les fonctionnaires qui accèdent par concours professionnels conservent leur statut de fonctionnaire. Mais pendant leur formation, ils sont tous soumis à la discipline de l’école.

 

Le Pouce : Comment se déroule la formation ?

 

Fousseini Samaké : L’ENA assure surtout une formation professionnalisant. Il s’agit de faire en sorte que ceux qui entrent à l’ENA aient acquis à leur sortie, les qualifications requises pour l’exercice de leur profession. C’est pourquoi, la formation va alterner les enseignements et les travaux pratiques dans les domaines de spécialités des élèves avec les stages dans les administrations, les collectivités et même les entreprises afin que les futurs fonctionnaires se familiarisent avec l’environnement de leur travail.

 

Le Pouce : Il y a beaucoup de rumeurs autour des fonctionnaires de catégories B. On dit qu’ils ne peuvent plus bénéficier d’avancement de catégorie et qu’ils ne peuvent pas accéder à l’ENA. Qu’en dites-vous ?

 

Fousseini Samaké : Je n’ai pas du tout la même lecture des textes que ceux qui font des assertions de ce genre. Il est dit dans les textes que les nominations dans les corps recrutés par la voie de l’ENA auront lieu, exclusivement, parmi les élèves qui ont achevé avec succès le cycle de formation initiale à l’ENA. Or, les élèves de l’ENA dont il est question sont constitués de ceux qui entrent par voie de concours directs c'est-à-dire les diplômés et de ceux qui entrent par voie de concours professionnels c'est-à-dire les fonctionnaires de catégorie B. Ces deux catégories se retrouveront ensemble pour former une promotion. Je ne vois donc pas sur la base de quoi on va soutenir la thèse de l’exclusion des fonctionnaires de catégories B qui ont droit à des promotions comme les autres fonctionnaires. La nouveauté c’est qu’ils doivent  passer par l’ENA comme les autres membres des corps concernés, ce qui n’est, à mon avis, que justice. L’ENA est entrain d’organiser en ce moment les concours directs. Après, si des besoins sont exprimés par la Fonction Publique, l’ENA organisera les concours professionnels. Çà c’est ma lecture des textes.

Le Pouce : Combien de candidatures ont été enregistrées pour les concours directs et quelles sont les dispositions prises pour que les résultats ne soient pas l’objet de suspicion comme c’est souvent le cas ? 

 

Fousseini Samaké : À la date de clôture des inscriptions, le 3 mai, nous avons reçu environ 9 400 dossiers de candidatures dont 2060 candidatures de femmes, ce qui représente près de 22%. Concernant les mesures envisagées pour le bon déroulement des opérations, je puis vous assurer, sans entrer dans les détails, que le dispositif mis en place, qui s’inspire de l’expérience des pays qu’on qualifie d’exemplaires en la matière, est de nature à garantir la sincérité des résultats. 

 

Entretien réalisé par Tiémoko Traoré 
Journal Le POUCE

Relations entre élèves


 
 

Anciens élèves et élèves de l’ENA:L’amicale des anciens élèves comme l’association des élèves fonctionnaires offrent un incomparable réseau et une source d’informations vivantes.

Chiffres clés

Nombre d’élèves en formation initiale :

  • 2013 : 3e Promotion: 92

  • 2011 : 2e Promotion : 79
  • 2010 : 1ère Promotion : 69

 

 

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